Yennar Ameggas



Amenzu N Yennar

L’Aurès est surtout connu par ce bastion historique de l’insoumission, ce haut-lieu inaccessible et intraitable qui s’est toujours dressé contre les invasions étrangères. Ce massif s’est donc forgé, au fil des siècles, cette image de région personnifiant ce courage berbère, cette passion combative et cette haine de l’oppresseur. Mais l’Aurès n’est pas uniquement cette majestueuse montagne rebelle. Il est aussi ce gardien farouche des nobles traditions berbères, puisque s’y maintiennent jusqu’à nos jours des rites millénaires qui apportent une trêve à la vie rude que mènent les Chaouis et qui créent, par ailleurs, une ambiance de joies et d’amusements. Ainsi, l’Aurès est aussi cette région démystifiée qui a ses jours de fête et de gaieté. On peut citer en substance : Bu Ini (la fête du foyer), Tifeswin (la fête du printemps), Anzar (Rites de la pluie), Amenzu n Yennar (la fête du nouvel an)... Toutes ces fêtes sont d’abord d’antiques journées saisonnières à caractère agraire, fixées à diverses périodes de l’année julienne qui constituent le vieux fond propre à la population chaouie. Elles sont célébrées, pour la plupart, dans tous les Aurès, mais celle qui revêt un éclat particulier est incontestablement Amenzu n Yennar. Chaque année, cette fête millénaire vient généreusement, sans crier gare et sans tapage officiel, rompre la monotonie de tous les jours dans les Aurès. Elle se maintient ainsi en vigueur en dépit des vents érosifs qui soufflent aussi bien de l’Orient que de l’Occident pour la ronger et la supplanter de la tradition berbère. Mais comment ce rite a-t-il survécu aux vicissitudes de l’histoire et pourquoi nos ancêtres ont-ils pris l’habitude de le célébrer jusqu’à en faire le début de leur propre calendrier ? Selon les historiens, Amenzu n Yennar coïncide avec un événement grandiose et inoubliable survenu 950 ans (Av. J). Il s’agit d’une bataille décisive remportée par les Imazighen contre l’invincible armée égyptienne de l’époque. Bref, ce nouvel an qui remonte ainsi jusqu’aux temps les plus reculés, est célébré plus particulièrement dans nos campagnes et dechras. Il est caractérisé par diverses pratiques tels le nettoyage méticuleux du logis, le changement d’Inyen (les pierres du kanoun), la préparation d’Irachmen (plat qui consiste en des grains de blé ou de maïs cuits dans le bouillon avec des fèves, de la graisse, et de la taklilt (fromage séché). La veille de ce jour, la femme chaouie assure le nettoyage du logis, enlève soigneusement la poussière, lave ses vêtements et ceux des membres de sa famille, change les cordes d’alfa tendues dans la maison et orne les murs de branches de pin ou de chêne. Le lendemain, c’est-à-dire le jour de la fête, elle change les pierres du kanoun et prépare le fameux plat d’Irechmen. Dans le foyer familial, toute activité artisanale doit être accomplie avant le jour « J ». Aussi, l’Azetta doit-il être coûte que coûte achevé. La femme ne manque jamais, quand le travail est insuffisamment avancé, de recourir à une twiza de parentes et, le travail fini, de démonter son métier, car s’il ne l’était pas avant Yennar, une personne ou une bête mourrait, selon la tradition, dans la demeure. Les hommes, quant à eux, se contentent de jouer à la cible, en faisant des paris pendant les trois jours qui suivent. Ainsi, Amenzu n Yennar, par la façon dont il est célébré, se révèle une date importante dans la mémoire des Chaouis, voire de tous les Algériens qui l’accueillent dans une grande ambiance de liesse.

Salim Guettouchi

Commentaire:

Certaines traditions de Yennar n'ont pas eté repertoriées ou seulement oubliées. Comme par exemple: le carnaval de Khenchela reporté dans un article de la revue de Constantine du 19ieme siecle qui indique durant le jour de Yennar des individus deguisés avec de peaux de lions(iran),celebrent avec joie et optimisme cet evenement.
Le lion represente l'an fort et puissant.Ce carnaval est encore celebré chez les Ayth snuz de Tlemcen qu'ils appellent Ayrad(Ar).
Celebrons Yennar avec un dinner de communion avec nos plats et mets : irechmen, aberbuch, adhmin, azirawi, hudfisth etc. aussi pour l'occasion pourquoi ne pas acheter une piece de vaisselle symbolique comme par exemple: un bol(aqennuch), une cuiller(aghenja), une poele(fan) etc.l'importance de cette fete reside dans le fait qu'elle symbolise une reconnection spirituelle avec notre passé qui nous donnera de l'esperance en un futur meilleur de paix et prosperité.Cliquez dhay Pour voir comment d'autres peuples celebrent l'arrivée du nouvel an.

ASSUGWAS AMEGGAS
HAPPY NEW YEAR
BONNE ANNEE














Iqennuchen N'Wawres
Photo via: constantine.free.fr
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